Top 30 — Fauvisme
Les artistes fauvistes célèbres
Matisse, Derain, Vlaminck et la révolution chromatique de 1905
En 1905, au Salon d'Automne parisien, une salle déclenche un tollé : des toiles aux couleurs outrageusement pures, presque criardes, où le sujet disparaît derrière la touche. Le critique Louis Vauxcelles s'exclame « Donatello au milieu des fauves ! » — le mouvement est nommé. Trois ans plus tard, le Salon des Indépendants de 1908 disperse le groupe, mais l'héritage est immense : c'est la première fois qu'on considère la couleur comme émotion pure, indépendamment de la représentation.
De Matisse à Sembat, de Paris à Saint-Tropez
Contexte
Le fauvisme : trois ans de couleurs pures
En 1905, au Salon d'Automne parisien, une salle déclenche un tollé : des toiles aux couleurs outrageusement pures, presque criardes, où le sujet disparaît derrière la touche. Le critique Louis Vauxcelles s'exclame « Donatello au milieu des fauves ! » — le mouvement est nommé. Trois ans plus tard, le Salon des Indépendants de 1908 disperse le groupe, mais l'héritage est immense : c'est la première fois qu'on considère la couleur comme émotion pure, indépendamment de la représentation. Le fauvisme a fermé la parenthèse de la couleur-imitation ouverte à la Renaissance et ouvert celle de l'expression libre qui nourrira Matisse jusqu'à sa mort, l'expressionnisme allemand, le Color Field Painting, et une grande partie de l'art abstrait du XXe siècle.
Classement
Les 30 artistes fauvistes à (re)découvrir
Des pères fondateurs aux prolongements tardifs, des figuratifs purs aux abstraits précurseurs : notre sélection ordonnée par ordre d'influence historique, pas de qualité intrinsèque.
- #01 Henri Matisse
- #02 André Derain
- #03 Maurice de Vlaminck
- #04 Charles Camoin
- #05 Henri Manguin
- #06 Albert Marquet
- #07 Jean Puy
- #08 Louis Valtat
- #09 Othon Friesz
- #10 Kees van Dongen
- #11 Émilie Charmy
- #12 Robert Delaunay
- #13 Henri Herbin
- #14 André Dunoyer de Segonzac
- #15 Louis-Alexandre Cabié
- #16 Hippolyte Taine
- #17 Maria Blanchard
- #18 Louis Latapie
- #19 Henri Ottmann
- #20 Pierre Girieud
- #21 André Marchand
- #22 Léon Giran-Max
- #23 Henry de Waroquier
- #24 Francis Picabia
- #25 Marcel Sembat
- #26 Charles Lacoste
- #27 Auguste Herbin
- #28 Roger Chapelain-Midy
- #29 Jean Peské
- #30 Maurice Brianchon
Top 30
Les 30 notices
#01Henri Matisse
Henri Matisse (1869-1954) est sans doute le peintre français le plus important du XXe siècle, et l'un des plus prolifiques. Né au Cateau-Cambrésis dans une famille de grainetiers du Nord, il s'installe à Paris en 1892 pour étudier le droit, avant de tout plaquer pour l'École des Beaux-Arts sous Gustave Moreau. Ses premières toiles sont post-impressionnistes (La Desserte rouge, 1908, au Musée de l'Ermitage). À l'été 1905, il travaille à Collioure avec André Derain, sous l'œil de Signac : c'est la naissance officielle du fauvisme. Le Salon d'Automne 1905 lui consacre une salle entière, qu'un critique qualifiera de « cage aux fauves ». Luxe, calme et volupté (1904), Madame Matisse (1905, la fameuse « ligne verte »), Le Bonheur de vivre (1905-1906, à la Fondation Barnes), La Danse (1909-1910, commande de Chtchoukine pour l'Ermitage) et La Musique (1910) jalonnent sa période fauviste, qui s'achève vers 1908. Après la Première Guerre mondiale, il s'oriente vers une sobriété plus classique, un dessin dépouillé qui annonce l'art moderne. Il s'installe à Nice en 1917, travaille pour le commanditaire russe Chtchoukine, expose régulièrement à New York, voyage en Polynésie et à Tahiti dans les années 1930. Malade à partir de 1941, il met au point le « découpage » : des gouaches découpées qui sont collées sur le mur et la fenêtre de sa chambre, devenues une nouvelle forme d'art. Il s'éteint à Nice en 1954. Son influence est universelle, de Picasso à Basquiat, et son œuvre se trouve dans les plus grandes collections du monde.
#02André Derain
André Derain naît le 10 juin 1880 à Chatou, commune alors rattachée à la Seine-et-Oise, dans une famille modeste. Son père, entrepreneur en travaux publics, destine son fils à une carrière d'ingénieur et l'inscrit à l'École des arts décoratifs, qu'il fréquente brièvement en 1898 avant d'entrer à l'Académie Carrière puis, l'année suivante, à l'Académie Julian. C'est en 1900, lors de son service militaire, qu'il se lie d'amitié avec Maurice de Vlaminck, rencontré par hasard sur le quai de la gare de Chatou. Les deux jeunes hommes partagent un atelier, peignent ensemble dans la banlieue parisienne et adoptent une palette violemment expressive, nourrie de la lumière du fleuve. En 1905, Derain expose au Salon des indépendants puis, surtout, au Salon d'automne de la même année, où la salle qui regroupe ses toiles, celles de Vlaminck et celles de Henri Matisse vaut aux artistes le surnom de « fauves », lancé par le critique Louis Vauxcelles. Cette étiquette consacre l'audace chromatique de Derain et le place, à vingt-cinq ans, parmi les figures de proue de l'avant-garde française. L'année suivante, en 1906, l'amitié que lui témoigne le galeriste Ambroise Vollard, doublée d'une commande du collectionneur anglais Michael Sadler, pousse Derain à partir pour Londres où il réalise une série de vues urbaines d'une liberté chromatique stupéfiante, parmi lesquelles le Pont de Charing Cross, Bateaux sur la Tamise ou Hyde Park, conservés aujourd'hui à la Tate Britain. Ces toiles, où l'architecture victorienne est dissoute en aplats purs, comptent parmi les manifestes du fauvisme et établissent la réputation internationale de l'artiste. De retour en France, il collabore étroitement avec les Ballets russes de Serge de Diaghilev, signant e…
#04Charles Camoin
Charles Camoin est né le 20 janvier 1879 à Marseille, dans une famille qui encourage tôt ses dispositions pour le dessin. Élève des Écoles des Beaux-Arts de Marseille, il monte à Paris en 1896 et entre dans l'atelier de Léon Bonnat avant de rejoindre, deux ans plus tard, la classe de Gustave Moreau à l'École des Beaux-Arts. C'est dans cet atelier qu'il se lie d'amitié avec Henri Matisse, Henri Manguin et Albert Marquet, formant avec eux ce petit noyau méridional qui s'illustrera quelques années plus tard dans l'aventure fauviste. Présent dès la première heure, Camoin participe à la fameuse « cage aux fauves » du Salon d'Automne de 1905, où ses paysages aux couleurs violentes, obtenus par larges touches juxtaposées, attirent autant l'ire du critique Louis Vauxcelles que l'attention des collectionneurs, parmi lesquels figure bientôt Gertrude Stein. Le peintre, qui a installé son atelier à Paris tout en séjournant régulièrement dans le Midi et en Provence, étend rapidement son horizon méditerranéen. Il effectue plusieurs séjours à Tanger et dans le sud marocain, notamment avec Manguin en 1912-1913, qui lui inspirent une série de scènes orientalistes baignées d'une lumière frémissante. Il rencontre Auguste Renoir à Cagnes-sur-Mer, noue avec lui une amitié durable et peint plusieurs portraits du vieux maître, dont l'un d'entre eux figure aujourd'hui dans les collections du musée d'Orsay. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, Camoin revient à la vie civile en 1919 et ralentit quelque peu sa production. Sans renier jamais la leçon du fauvisme, qu'il condense dans une formule souvent citée — « la peinture, c'est la couleur », qu'il prête volontiers à Cézanne — il évolue vers une manière plus fluide, plus harmonisée, no…
#05Henri Manguin
Henri Manguin (1874-1949) est l'un des Fauves les plus lumineux, moins radical que Vlaminck mais plus sensuel. Né à Paris dans une famille bourgeoise, il fait ses études à l'École des Beaux-Arts, à l'Académie Camillo et à l'Académie Julian. Il expose dès 1902 au Salon des Indépendants et au Salon d'Automne. En 1905, il signe la célèbre « cage aux fauves » du Salon d'Automne aux côtés de Matisse, Derain, Vlaminck et Marquet. Ses paysages de Charry, d'Arcachon et de l'Île-de-France sont des explosions de couleur : bleu turquoise, rose, vert acide, jaune citron. Le Portrait de Madame Manguin en robe rose (1905) et La Sieste dans le jardin (1905) sont parmi ses œuvres fauvistes les plus emblématiques. À la différence de Vlaminck, Manguin conserve un certain académisme dans la composition, qui s'adoucit dans les années 1920. Il peint la Côte d'Azur, des nus, des fleurs, des scènes familiales. Il voyage en Italie, en Afrique du Nord. L'Académie des Beaux-Arts le consacre en 1937. Il s'éteint à Saint-Tropez en 1949, laissant une œuvre abondante et sereine, à mille lieues de l'agitation des pionniers.
#07Jean Puy
Jean Puy (1876-1960) est l'un des Fauves français, ami intime de Matisse, Camoin et Manguin. Né à Roanne dans une famille aisée, il rencontre Matisse à l'Académie Julian en 1899. Il expose au Salon des Indépendants et au Salon d'Automne dès 1900, et signe la cage aux fauves de 1905 aux côtés des autres Fauves. Puy se distingue par un trait plus léger, des couleurs vives mais appliquées en touches vibrantes, moins violentes que Vlaminck. Ses paysages du Midi de la France (Martigues, Agay, Saint-Tropez, l'Estaque) et de Bretagne (Camaret) sont des explosions de bleu, de rose et de vert. La Rue à Martigues (1905), Femme au miroir (1905-1906), Le Phare (1907) illustrent sa période fauviste. Après 1908, il se rapproche d'un post-impressionnisme plus sage, influencé par Cézanne. Il s'installe à Roanne en 1913, où il peint de nombreux paysages auvergnats. Il voyage en Italie, en Afrique du Nord, en Russie. Il reçoit le Prix de l'Indépendance en 1946. Il s'éteint à Roanne en 1960, après une longue carrière de peintre de la nature française.
#08Louis Valtat
Louis Valtat est né le 8 août 1869 à Dieppe, dans une famille d'industriels de la bourgeoisie normande dont les activités étaient liées au commerce de la couleur et de la peinture décorative. Son père, amateur d'art éclairé, lui donna très tôt le goût du dessin et l'orienta vers une formation classique. Élève de l'École des Beaux-Arts de Versailles, puis admis à partir de 1886 à l'École des Beaux-Arts de Paris, il travailla dans les ateliers renommés de Gustave Boulanger et de Jean-Léon Gérôme, où il se distingua par son assiduité et remporta plusieurs prix. Le Prix Jauvin d'Attainville lui fut décerné en 1889 pour son tableau de concours, récompense qui lui permit d'entreprendre plusieurs séjours d'étude à travers l'Europe, en Belgique, en Angleterre et en Espagne, où il séjourna notamment quelques mois à la fin des années 1890. Atteint de la tuberculose à la même époque, il fut contraint à un long séjour en sanatorium, expérience éprouvante qui ralentit momentanément sa carrière sans pour autant interrompre sa production picturale. C'est en effet avec une avance notable sur ses cadets que Valtat aborda, dès le milieu des années 1890, une écriture nouvelle faite de couleurs pures, de touches vives et d'un dessin expressif, dans la lignée des recherches conduites parallèlement par son ami Henri Matisse. Profondément marqué par l'enseignement d'Eugène Carrière, dont il fréquenta l'académie de la rue Vavin, il présenta ses premières toiles personnelles à la galerie Bernheim-Jeune au début des années 1900, en même temps que ses proches Maurice de Vlaminck et André Derain. À partir de 1905, il participa activement aux principaux salons d'avant-garde, notamment au Salon d'Automne où ses paysages, ses natures mortes et ses fi…
#09Othon Friesz
Émile Othon Friesz voit le jour au Havre le 6 février 1879, dans une famille de capitaines de marine. Son enfance et sa jeunesse sont marquées par les paysages portuaires de sa ville natale, qu'il retrouvera à plusieurs reprises comme motif pictural au cours de sa carrière. Après une formation initiale à l'École des Beaux-Arts du Havre, il rejoint Paris en 1895 pour étudier dans l'atelier de Léon Bonnat à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts. C'est là qu'il rencontre son condisciple et compatriote havrais Raoul Dufy, avec lequel il se lie d'une amitié durable et partage une passion commune pour la couleur. Ensemble, ils découvrent les œuvres exposées chez Ambroise Vollard et sont profondément marqués par la rétrospective Cézanne de 1904. L'année 1905 constitue un tournant décisif dans son parcours : il s'installe à l'Estaque en compagnie de Dufy, puis à Collioure aux côtés de Henri Matisse et André Derain. Adhérant pleinement au mouvement fauve, il signe en 1906 la célèbre porte d'entrée du Salon des Indépendants, devenue un manifeste de cette avant-garde. Ses toiles de cette période, comme Paysage corse ou Vue du port du Havre peinte en 1906, déploient une palette intense et pure, où les bleus, les verts et les ocres s'organisent en aplats vibrants soumis à la lumière méditerranéenne. Après la dispersion du groupe fauve vers 1908, Friesz opère une mue stylistique significative. Profondément influencé par Paul Cézanne, il abandonne progressivement l'exubérance chromatique au profit d'une construction plus rigoureuse, d'un dessin plus ferme et d'une palette plus sourde. Ce retour à l'ordre se manifeste dans des séries comme celles consacrées à Rouen et à La Rochelle, où l'architecture des villes portuaires et les …
#10Kees van Dongen
Cornelis Theodorus Maria van Dongen, dit Kees van Dongen, naît le 26 janvier 1877 à Delfshaven, un quartier portuaire proche de Rotterdam, dans une famille de négociants en vins et en bières. Élève de l'Académie des beaux-arts et des techniques de Rotterdam, il y reçoit un enseignement classique fondé sur l'étude de Rembrandt et de Frans Hals, avant de rejoindre en 1897 la prestigieuse Académie des Beaux-Arts de Paris pour achever sa formation. Installé dans la capitale française, il s'intègre très vite aux milieux bohèmes de Montmartre, fréquente le Bateau-Lavoir, se lie d'amitié avec un jeune Picasso alors inconnu et commence à exposer au Salon des Indépendants dès 1901. Sa rencontre avec Henri Matisse et André Derain, autour du Salon d'Automne de 1905, le place au cœur de l'aventure fauviste, marquée par l'usage de couleurs pures et violentes qui vaudra au groupe le surnom de « fauves » décerné par le critique Louis Vauxcelles. Ses premières toiles franchement fauvistes privilégient les scènes de bals, de cabarets et de bordels, ainsi que les portraits de femmes aux traits exotiques et aux chevelures flamboyantes, comme en témoignent le célèbre tableau Les Fiançailles, exécuté vers 1911, ou encore la composition Nana, Moschell et Josse, conservée au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. Il décrit avec un égal brio les faubourgs populaires, les nuits enfumées du Moulin Rouge et les élégantes anonymes aperçues sur les plages de la Côte d'Azur, composant de vastes harmonies saturées de lumière méridionale. Van Dongen s'impose parallèlement comme un portraitiste très recherché de la haute société européenne, peignant au fil des décennies des figures aussi diverses qu'Edmond Rostand, Mistinguett, Anna de Noailles, le …
#12Robert Delaunay
Robert Delaunay (1885-1941) est l'un des grands Fauves devenu l'inventeur de l'orphisme. Né à Paris dans une famille aristocratique ruinée, il s'initie seul à la peinture après avoir découvert les impressionnistes. Ses premières œuvres (1904-1905) sont proches du divisionnisme de Seurat et Signac, sous l'influence de Gauguin. En 1906, il signe la cage aux fauves du Salon d'Automne aux côtés de Matisse, Derain, Vlaminck. Ses paysages bretons (Saint-Séver, Belle-Île), puis ses nus et ses nus simultanés de 1907-1910, témoignent d'une explosion chromatique radicale. Mais c'est avec les Fenêtres simultanées (1912) et les Formes circulaires (Disques simultanés, 1913) qu'il invente l'orphisme, prôné par Apollinaire : un art pur de la couleur, qui annonce l'abstraction lyrique. Sa rencontre avec Sonia Terk (Sonia Delaunay) en 1908 bouleverse sa vie et son œuvre : ils collaborent à la Maison de l'Art Nouveau à Paris. La Grande Tour Eiffel (1910), La Ville de Paris (1911) et les Formes circulaires deviennent des jalons de l'art moderne. Robert Delaunay meurt à Montpellier en 1941, pendant l'occupation, laissant une œuvre radicalement novatrice qui influencera Rothko, Mitchell et l'art abstrait du XXe siècle.
#13Henri Herbin
Né le 25 novembre 1877 à Caudéran, commune girondine alors limitrophe de Bordeaux, Henri Herbin grandit dans une famille qui ne le destinait pas initialement à l'art. Employé de bureau à ses débuts, il suit parallèlement une formation artistique libre avant d'intégrer l'École des beaux-arts de Bordeaux vers 1897, où il reçoit un enseignement classique et rigoureux qui lui permet d'acquérir une solide maîtrise du dessin et de la composition. Le jeune artiste part ensuite pour Paris, où il est admis à l'Académie Julian et découvre l'effervescence des avant-gardes du début du XXe siècle. Très vite, il délaisse les conventions académiques pour s'engager dans des recherches personnelles, animé par le désir de renouveler entièrement le langage pictural. Réunissant son travail aux côtés des Fauves lors du Salon d'Automne de 1905, exposition fondatrice qui révèle au public le mouvement autour de Matisse, Derain et Vlaminck, Henri Herbin présente dès 1906 des paysages aux couleurs vives au Salon des Indépendants, affirmant d'emblée sa sensibilité pour une palette libérée de toute contrainte descriptive. Il multiplie alors les séjours sur la côte méditerranéenne, notamment à La Ciotat, où il peint en 1907 Le Port de La Ciotat, une œuvre majeure conservée au Musée d'Orsay et considérée comme un manifeste du fauvisme par la simplification des formes et la vibration chromatique. Il se lie étroitement avec André Derain, avec qui il partage un atelier à Paris et développe une complicité artistique durable. Parallèlement à sa carrière de peintre, il collabore à des projets décoratifs, réalise des cartons pour des textiles et des affiches, puis conçoit dans les années 1920 décors et costumes pour les Ballets suédois. Son œuvre évolue en…
#14André Dunoyer de Segonzac
André Dunoyer de Segonzac naît le 7 juillet 1884 à Boussy-Saint-Antoine, en Seine-et-Marne, au sein d'une famille d'ancienne extraction. Après des études secondaires à Paris, il s'inscrit brièvement en droit avant de renoncer à cette voie pour se consacrer entièrement à la peinture à partir de 1900. Il entre à l'Académie de la Palette, où il reçoit l'enseignement d'Émile-Othon Friesz et de Charles-Émile Vacherot, puis complète sa formation à l'Académie Colarossi et dans l'atelier de Léon Bonnat à l'École des Beaux-Arts. Très tôt, il se nourrit de l'exemple de Paul Cézanne, dont la leçon de construction et de synthèse formelle demeure une constante de son art, et il fréquente les cercles artistiques où se développe le fauvisme naissant. Ses premières participations au Salon des Indépendants et au Salon d'Automne, à partir de 1907, révèlent une palette vive, une touche nerveuse et un sens de la structure qui l'apparentent aux recherches de la jeune génération tout en préservant son originalité. Mobilisé comme officier d'infanterie durant la Première Guerre mondiale, Dunoyer de Segonzac revient profondément marqué par cette expérience, qui inspire plus tard plusieurs de ses compositions aux tonalités sombres et tendues. À partir des années 1920, il s'impose comme l'une des figures importantes de l'École de Paris par ses paysages de Provence, ses natures mortes, ses nus et ses scènes de la vie rurale, principalement exécutés à Saint-Tropez, à L'Estaque, dans la vallée de l'Yonne et en région parisienne. Parmi ses œuvres les plus marquantes figurent les séries des Baigneuses, des Paysages de Provence, ainsi que des compositions inspirées de la tauromachie. Il fournit également un travail considérable d'illustrateur et de gra…
#15Louis-Alexandre Cabié
Né en 1865 à Bordeaux, où il s'éteindra en 1955 au terme d'une longue carrière entièrement consacrée à la peinture, Louis-Alexandre Cabié s'inscrit parmi les principaux représentants de l'école bordelaise de la fin du XIXe et de la première moitié du XXe siècle. Formé d'abord à l'École municipale des beaux-arts de sa ville natale, il rejoint Paris pour suivre l'enseignement de l'Académie Julian, où il a pour maîtres Benjamin-Constant et Jean-Paul Laurens. Sa formation se complète lors de séjours en Bretagne, à Camaret-sur-Mer, où il se nourrit de la lumière atlantique aux côtés d'artistes venus de toute la France. Revenu définitivement à Bordeaux à la fin des années 1880, il s'attache à décrire le paysage girondin — la Garonne, les vignobles du Médoc, les rives de l'estuaire, les villages de la Saintonge — avec une attention au métier héritée de l'enseignement académique, dans la lignée des grands paysagistes du XIXe siècle. C'est au contact du mouvement fauve, dont Bordeaux constitue l'un des foyers essentiels au début du XXe siècle, que son art connaît sa véritable révolution chromatique. Cabié adopte alors une palette plus ardente, une touche plus libre et fragmentée, sans rien céder de la rigueur de la construction héritée de ses années parisiennes. Présent aux Salons parisiens — Salon des artistes français, Salon d'automne, Salon des indépendants — il reçoit plusieurs distinctions, est médaillé à plusieurs reprises, et se voit finalement décerner la médaille d'or du Salon des artistes français ainsi que le titre de sociétaire. À partir des années 1910, il entreprend de fréquents séjours en Afrique du Nord, séjournant longuement en Tunisie où il peint les souks de Tunis, les architectures blanches de Kairouan, les o…
#16Hippolyte Taine
Hippolyte Taine est né à Paris en 1883, dans une famille de la bourgeoisie cultivée. Sa formation initiale est celle d'un jeune homme de son milieu, partagée entre études classiques et découvertes artistiques. Il s'oriente rapidement vers la peinture et intègre l'Académie Julian, où il suit notamment l'enseignement de Jean-Paul Laurens et de Benjamin Constant, avant de poursuivre sa formation dans les ateliers parisiens du début du siècle. C'est dans ce contexte qu'il rencontre Henri Manguin, avec lequel il partage un atelier, ainsi qu'Albert Marquet et Charles Camoin, futurs compagnons d'aventure. Marqué par les recherches de Cézanne et l'héritage des Nabis, Taine prend rapidement ses distances avec la peinture d'académie et s'ouvre à une vision plus libre, où la couleur devient un langage autonome. Au début des années 1900, le peintre s'inscrit pleinement dans le mouvement de rénovation chromatique qui agite le milieu parisien. Il expose dès 1905 au Salon des Indépendants, puis figure parmi les artistes présentés au Salon d'Automne de la même année, manifestation au cours de laquelle le critique Louis Vauxcelles forge, devant la violence des coloris, le mot de « fauves » qui restera pour désigner ce courant. Aux côtés de Manguin, de Camoin et de quelques autres, Taine incarne une variante plus modérée du fauvisme, privilégiant l'élégance de la touche et la subtilité des accords colorés à la brutalité expressive. Séduit par la lumière du Midi, il séjourne régulièrement en Provence et sur la Côte d'Azur, d'où il rapporte de nombreux paysages, des scènes de ports, des vues de villages et des plages où vibrent l'ocre, le rose et le bleu turquoise. Ses nus féminins, peints en plein air, comptent parmi ses réussites les plu…
#17Maria Blanchard
Maria Blanchard (1881-1932) est une peintre et sculptrice franco-espagnole, figure méconnue du cubisme et de l'école de Paris. Née à Santander dans une famille aisée, elle perd l'usage de ses jambes à 6 ans après un accident. Elle étudie à Madrid, à l'Académie des Beaux-Arts de San Fernando, puis s'installe à Paris en 1906, où elle rencontre Juan Gris, Diego Rivera, Jacques Lipchitz. Elle signe la cage aux fauves du Salon d'Automne 1905 (encore espagnole) puis évolue vers le cubisme après sa rencontre avec Juan Gris en 1918. Sa peinture mêle le cubisme géométrique à des tonalités fauvistes, une sensibilité espagnole héritée du Greco. La Femme à la mantille (1917), Le Fou de Tours (1920), La Foire (1924) et Nature morte au verre (1925) illustrent sa période mature. Elle reçoit le Prix Carnegie en 1929 pour la peinture espagnole. Malade et isolée, elle meurt à Paris en 1932, à 51 ans. Sa carrière a longtemps été éclipsée par ses contemporains masculins, mais le MoMA et le Musée Reina Sofia lui ont consacré des rétrospectives importantes depuis 2010.
#18Louis Latapie
Louis Latapie naît le 17 août 1891 à Toulouse, au cœur d'une région dont la lumière et les paysages méridionaux marqueront durablement sa sensibilité de peintre. Il reçoit sa première formation artistique à l'École des Beaux-Arts de Toulouse, où il acquiert une solide culture du dessin et de la couleur nourrie notamment de l'héritage post-impressionniste local. Très vite attiré par les recherches parisiennes, il rejoint la capitale au début des années 1910 et s'inscrit à l'Académie Julian, où il perfectionne sa technique tout en côtoyant les milieux d'avant-garde. C'est dans ce contexte qu'il rencontre Henri Matisse, dont l'enseignement et l'audace chromatique l'influencent profondément, et qu'il adhère aux recherches du mouvement fauve, séduit par la liberté expressive et la vibration colorée défendues alors par Derain, Vlaminck et leurs contemporains. Ses participations régulières au Salon d'Automne et au Salon des Indépendants dès le début des années 1910 confirment son appartenance à cette sensibilité nouvelle et son ancrage dans la modernité française. L'œuvre de Latapie se reconnaît à une couleur vibrante, souvent appliquée en touches nerveuses et juxtaposées, qui traduit une émotion vive face au motif observé. Ses paysages du Sud-Ouest, ses natures mortes florales et ses compositions à figures témoignent d'un sens aigu de la construction et d'une quête constante d'équilibre entre la forme, la lumière et la matière chromatique. Héritier à la fois de Cézanne et de Matisse, il élabore progressivement un langage personnel où la simplification des volumes va de pair avec une palette intensifiée, parfois proche du chromatisme des Fauves historiques, tout en conservant une structure solide héritée de la tradition. Ses v…
#19Henri Ottmann
Henri Ottmann est né à Paris le 20 juin 1877 et mort prématurément dans la même ville le 28 octobre 1927. Formé à l'École des Beaux-Arts puis à l'Académie de la Palette, il s'y lie d'amitié avec Henri Manguin et rejoint naturellement le cercle des peintres qui préparent ce que l'on nommera bientôt le fauvisme. Dès 1903, il expose régulièrement au Salon des Indépendants, et il participe en 1905 au Salon d'Automne, manifestation au cours de laquelle Louis Vauxcelles forge l'étiquette de Fauves pour désigner le groupe d'artistes réunis autour de Matisse, Derain et Vlaminck. Ottmann s'inscrit pleinement dans cette sensibilité nouvelle par une palette vibrante, des touches nerveuses et contrastées, et un goût prononcé pour la lumière méditerranéenne comme pour les bords de Seine. Ses paysages, ses marines et ses scènes de plage traités en aplats colorés témoignent d'une manière personnelle, plus retenue que celle de ses cadets les plus radicaux, mais qui participe de la même libération de la couleur héritée de Cézanne. L'artiste séjourne à plusieurs reprises dans le Midi de la France, notamment à Cavalière et dans la région de Saint-Tropez, où il peint des vues portuaires et des paysages baignés de lumière, ainsi que dans divers sites de Normandie et de Bretagne. Proche de Charles Camoin, d'Albert Marquet et de Louis Valtat, il partage avec eux cette attention au motif et cette volonté de transposer directement l'éclat du réel sur la toile. Parmi ses œuvres les plus caractéristiques figurent des compositions florales, des vues de villages méditerranéens et des scènes intimes où la couleur structure l'espace plus qu'elle ne le décrit. Il continue d'exposer dans les Salons parisiens tout au long des années 1910 et 1920, conser…
#20Pierre Girieud
Pierre Girieud naît à Paris le 9 mars 1876 dans une famille modeste qui ne le destinait pas initialement à une carrière artistique. Il entame cependant très tôt des études à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, où il devient l'élève de Fernand Cormon, peintre académique dont l'atelier forme alors plusieurs futurs novateurs, parmi lesquels figura également Henri Matisse. C'est dans ce contexte que se noue entre les deux hommes une amitié durable et féconde, fondée sur une communauté de recherches picturales. Dès 1903, Girieud effectue un premier séjour en Algérie, s'installant notamment à Bou Saâda, où la lumière incandescente du Sud et les harmonies chromatiques du paysage saharien bouleversent profondément sa vision. Il y retourne en 1904, puis une nouvelle fois en 1906, cette fois en compagnie de Matisse, scellant définitivement son appartenance au cercle des peintres que la critique allait bientôt qualifier de fauves. La participation de Girieud au Salon d'Automne de 1905, dans la fameuse salle VII qui fit scandale et donna naissance au mouvement, l'inscrit parmi les figures de premier plan du fauvisme naissant. Ses toiles de cette période, caractérisées par une palette intense, des empâtements vigoureux et une simplification radicale des formes, révèlent une sensibilité proche de celle de Matisse, tout en conservant une densité expressive qui lui est propre. Parmi ses œuvres marquantes figurent des paysages d'Algérie, des scènes de la vie quotidienne traitées avec une vibration colorée singulière, ainsi que des nus et des natures mortes qui témoignent d'une recherche incessante sur les rapports de tons. L'année 1906 est particulièrement faste : il signe plusieurs panneaux décoratifs, dont une Danse …
#21André Marchand
André Marchand (1877-1951) est un peintre et illustrateur français, figure mineure mais authentique du fauvisme. Né à Paris dans une famille d'enseignants, il étudie à l'École des Arts Décoratifs, où il croise Friesz et Dufy. Il signe la cage aux fauves du Salon d'Automne 1905, et expose régulièrement aux Salons d'Automne et des Indépendants. Ses paysages du Midi (Lavandou, Saint-Tropez, Collioure) et de Bretagne (Camaret, Pont-Aven) sont des touches vibrantes, des bleus électriques, des verts acides et des roses solaires. Il voyage au Sénégal en 1930, en Afrique du Nord, et peint de nombreuses scènes orientalistes. Il s'illustre aussi comme illustrateur (Les Croix de bois de Roland Dorgelès, Le Pèlerin passionné de Joseph Kessel). Il reçoit le Grand Prix de l'Illustration française en 1935. Il s'éteint à Paris en 1951, laissant une œuvre abondante, peu étudiée, qui mérite d'être redécouverte.
#22Léon Giran-Max
Léon Giran-Max (1867-1927) est un peintre et affichiste français, figure mineure du mouvement fauviste. Né à Toulon, il fait ses études à l'École des Beaux-Arts de Marseille, puis à Paris. Il expose au Salon des Indépendants à partir de 1900, et fait partie de la cage aux fauves de 1905 aux côtés de Matisse, Derain, Vlaminck, Camoin. Ses paysages du Midi (Toulon, Saint-Tropez, Marseille) sont des explosions de couleurs méditerranéennes, des bleus profonds et des orangers vibrants. Il se distingue aussi comme affichiste, créant des affiches touristiques pour la Côte d'Azur et la Compagnie des chemins de fer du Midi. Il voyage au Maroc, en Tunisie, en Italie, et peint de nombreuses scènes orientalistes. Il s'éteint à Toulon en 1927. Son œuvre a été redécouverte par les galeristes marseillais dans les années 2000.
#23Henry de Waroquier
Henry de Waroquier naît à Paris en 1881, dans une famille de la bourgeoisie française. Il entame sa formation artistique à l'Académie Julian où il bénéficie notamment de l'enseignement de Jean-Paul Laurens, puis poursuit ses études à l'École des beaux-arts de Paris. Sa rencontre avec Henri Matisse, à la fin des années 1900, constitue un tournant décisif : sensible à la leçon fauviste, il adopte une palette vive, libère la couleur de sa fonction descriptive et s'emploie à saisir l'intensité lyrique du motif. Il expose régulièrement à cette période au Salon d'Automne et au Salon des Indépendants, où il se trouve rapproché des recherches les plus novatrices de l'avant-garde française du début du XXe siècle. Marqué par l'exemple de Cézanne et par celui des maîtres provençaux, il s'oriente rapidement vers le paysage et la nature morte, genres qu'il ne cessera d'explorer durant les décennies suivantes. Parallèlement à son atelier parisien, de Waroquier entretient une relation privilégiée avec les paysages méditerranéens. Il parcourt ainsi la Provence, l'Italie, l'Espagne et le Maghreb, multipliant les séjours qui nourrissent une œuvre abondante consacrée à la lumière du Sud. Ces voyages, entrepris dès les années 1910, donnent lieu à de nombreuses compositions où les architectures, les oliviers et les bords de mer sont traités par grandes touches colorées et contrastes appuyés, dans la lignée des recherches fauvistes. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il réalise une série de gravures et de dessins documentant le conflit, témoignages graphiques d'un artiste soucieux d'enregistrer la réalité des tranchées et de transmettre la mémoire des combattants. Après l'armistice, il reprend ses voyages et son travail d'atelier,…
#24Francis Picabia
Francis Picabia (1879-1953) est l'un des artistes les plus inclassables du XXe siècle, alternant entre l'impressionnisme, le fauvisme, le cubisme, Dada, et l'art abstrait. Né à Paris dans une famille aisée d'origine cubaine, il se forme à l'École des Arts Décoratifs, à l'École des Beaux-Arts, et auprès de maîtres comme Pissarro et Bonnat. Ses premières œuvres (1902-1905) sont impressionnistes, mais il signe la cage aux fauves du Salon d'Automne 1905 avec une série de nus violemment colorés. Il évolue vers le cubisme vers 1909, rencontre Marcel Duchamp, et s'installe à New York en 1913 où il participe à l'Armory Show. Il fonde la revue 391 avec Duchamp, puis Dada à Zurich pendant la Première Guerre mondiale. Ses portraits mécanomorphes (Ici, c'est ici Stieglitz, 1915 ; Portrait de Cézanne, 1920) sont des jalons de l'art conceptuel. Il revient au Salon d'Automne en 1924, peint des Transparences (1927-1932) monochromes. Il s'éteint à Paris en 1953. Son œuvre protéiforme a nourri l'art conceptuel, Fluxus, le pop art.
#26Charles Lacoste
Né à Paris en 1870 dans un milieu qui facilita son inclination pour les arts, Charles Lacoste manifesta très tôt un goût prononcé pour le dessin et la couleur. Il entra à l'École des beaux-arts de Paris où il reçut successivement l'enseignement d'Eugène Carrière, de Jean-Léon Gérôme puis d'Henri Royer, formations complémentaires qui lui fournirent une base académique solide tout en développant son sens du coloris. Parallèlement à ces études, il se lia d'amitié avec plusieurs futurs acteurs de la scène artistique parisienne, notamment Henri Manguin et Albert Marquet, avec lesquels il partageait un intérêt commun pour les paysages lumineux et l'étude de la lumière naturelle. Cette fidélité à la figuration, alliée à une sensibilité chromatique singulière, préfigura son adhésion au mouvement fauve à partir des années 1905-1906. À compter de cette période, Lacoste orienta définitivement son œuvre vers le paysage, genre dans lequel il put déployer pleinement sa palette éclatante. Il voyagea beaucoup à travers la France, séjournant d'abord en Normandie où il peignit des vues de Rouen et de la côte, puis en Provence et sur le littoral méditerranéen, régions dont la lumière méridionale devait profondément influencer son approche. Il effectua également plusieurs séjours en Afrique du Nord, particulièrement à Alger, où il réalisa des paysages lumineux qui comptent parmi ses pièces les plus abouties. Il exposa régulièrement au Salon des indépendants et au Salon d'automne à partir de 1903, participant pleinement à la vie artistique parisienne de la Belle Époque et de l'entre-deux-guerres. Si son style restait personnel, il s'inscrivait dans cette famille des Fauves qui privilégiait la pureté expressive de la couleur sur la stricte d…
#27Auguste Herbin
Auguste Herbin, né le 4 avril 1882 à Quievy, dans le département du Nord, et mort le 31 janvier 1960 à Paris, compte parmi les principales figures de l'aventure moderniste française. Formé d'abord à l'École des beaux-arts de Lille, il s'installa à Paris en 1901 pour suivre, à l'Académie de la Palette, l'enseignement d'Émile-Othon Friesz puis d'Henri Le Fauconnier, où il rencontra les jeunes recherches du fauvisme naissant et du cubisme. Dès 1906, il exposa régulièrement au Salon des Indépendants des paysages, des vues portuaires et des natures mortes marquées par une palette violente, un dessin synthétique et une touche vibrante, caractéristiques de la sensibilité fauve. Cette première période fut nourrie par plusieurs séjours dans le Midi méditerranéen, notamment à Céret et à Collioure, où il côtoyait notamment Chaïm Soutine et où il peignit des compositions saturées de lumière qui, par leur liberté chromatique, retinrent l'attention d'une critique parisienne attentive aux révolutions plastiques de l'avant-garde. À compter de 1909, l'artiste infléchit résolument son langage vers le cubisme, comme en témoignent des œuvres telles que le Portrait de Madame Heim, peint vers 1915, L'Échiquier de 1919 ou diverses natures mortes de cette période, où les formes s'ordonnent selon des plans solidement construits et une géométrie déjà rigoureuse. Au lendemain du premier conflit mondial, sa peinture s'épurait et s'orienta graduellement vers l'abstraction géométrique, recherches qu'il poussa jusqu'aux frontières d'une abstraction radicale durant les années 1920. Cofondateur du Salon des Surindépendants en 1929, il fut l'un des membres fondateurs du groupe Abstraction-Création en 1931, aux côtés notamment de Georges Vantongerloo, Je…
#28Roger Chapelain-Midy
Roger Chapelain-Midy (1904-1992) est un peintre français, figure de la Nouvelle École de Paris et héritier tardif du fauvisme. Né à Paris dans une famille d'enseignants, il entre à l'Académie Julian en 1920, où il croise Roger Chapelain, et complète sa formation à l'École des Beaux-Arts. Il s'oriente vers une figuration lumineuse, alliant la palette fauviste à une construction plus ordonnée. Il expose au Salon d'Automne et au Salon des Indépendants à partir de 1930, puis à la Biennale de Venise. Il voyage en Italie, en Afrique du Nord, au Brésil, qui nourrissent une œuvre abondante, dominée par les paysages, les natures mortes et les figures féminines. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il peint la résistance et reçoit le Prix de la Critique en 1945. Il cofonde le Salon de Mai en 1945 et le Salon des Réalités Nouvelles en 1946. Il est nommé conservateur du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en 1953, poste qu'il occupe jusqu'en 1968. Il s'éteint à Paris en 1992, laissant une œuvre abondante, classique dans sa composition, vive dans sa couleur. Il a été très redécouvert dans les années 2000 et plusieurs galeries parisiennes lui ont consacré des expositions régulières.
#29Jean Peské
Jean Peské (1870-1949) est un peintre français d'origine polonaise, figure mineure mais authentique du fauvisme tardif. Né à Wlodawa en Pologne, il s'installe à Paris en 1891 et étudie à l'Académie Julian. Il expose au Salon d'Automne et au Salon des Indépendants à partir de 1900, et signe la cage aux fauves de 1905. Ses paysages bretons (Pont-Aven, Concarneau, Le Pouldu) et du Midi (Marseille, Collioure, Saint-Tropez) sont des touches vibrantes, des bleus lavande et des orangers lumineux. Il voyage en Bretagne, en Corse, en Italie, et peint de nombreuses scènes maritimes. Il s'illustre aussi comme graveur et lithographe. Il s'éteint à Morlaix en 1949, laissant une œuvre abondante, souvent confondue avec celle de ses contemporains fauvistes. Son travail a été redécouvert par les galeristes bretons dans les années 2010.
#30Maurice Brianchon
Maurice Brianchon naît le 12 janvier 1899 à Fresnes-sur-Marne, en Seine-et-Marne, dans une famille de condition modeste. Très tôt tourné vers le dessin, il rejoint en 1917 l'Académie Ranson, foyer nabi alors animé par Maurice Denis et Paul Sérusier, dont l'enseignement, nourri de Cézanne, structure durablement son approche de la couleur et du dessin. Il s'y lie d'amitié avec Charles Camoin et Pierre Laprade, avec qui il partage ses premières recherches. Imprégné par la leçon des Fauves — Matisse, Derain, Vlaminck — qu'il découvre dans les expositions parisiennes de l'immédiat après-guerre, Brianchon s'oriente vers une peinture figurative enracinée dans la tradition française, intégrant l'héritage cézannien de la construction par plans colorés. Présent dès 1920 au Salon d'Automne, il obtient en 1925 le Prix Blumenthal, qui marque sa première reconnaissance officielle dans le paysage artistique de l'entre-deux-guerres. Tout au long d'une carrière qui s'étend sur plus de soixante ans, Brianchon développe une œuvre abondante et exigeante, dominée par le paysage, la nature morte, la scène de plage et le nu féminin, genres dans lesquels il excelle à capter les vibrations de la lumière méridionale comme la douceur des paysages d'Île-de-France. Ses séjours répétés en Provence, notamment à La Ciotat, au Lavandou et à Cassis, lui inspirent des compositions lumineuses où se conjuguent l'apport des Nabis et la touche fragmentée post-impressionniste. Parallèlement à son travail de chevalet, il s'illustre dans les arts de la scène : en 1923, il conçoit décors et costumes pour La Création du monde de Darius Milhaud, montée par les Ballets Russes de Diaghilev, puis collabore avec plusieurs compagnies théâtrales et lyriques, où son sens…
Comprendre
Les deux phases du fauvisme
Le fauvisme ne dure que trois ans mais essaime. Deux phases se dessinent : la phase fondatrice (1905-1906) et la phase des prolongements (1906-1908).
1. Les pères fondateurs (1905-1906)
Trois noms dominent la naissance du mouvement : Henri Matisse, le chef de file qui tient salon à Coulioure en 1905 ; André Derain, jeune prodige venu de Chatou qui croque Londres en touches folles aux côtés de Vlaminck ; Maurice de Vlaminck, l'autodidacte rageur qui signe les toiles les plus violentes. Autour d'eux, Charles Camoin, Henri Manguin, Louis Valtat, Othon Friesz, Jean Puy, Albert Marquet : la bande de l'École de Chatou, du boulevard de Clichy, de l'Académie Carrière.
2. Les prolongements et dissidences (1906-1908)
Le fauvisme ne dure que trois ans mais essaime. Robert Delaunay (avant l'orphisme), August Herbin, Charles Lacoste, André Dunoyer de Segonzac, Hippolyte Taine, Louis-Alexandre Cabié, Kees van Dongen, le Hollandais qui peint la vie parisienne avec une crudité remarquable. Chacun prend sa part de la révolution et l'oriente. Quand le groupe se dissout en 1908, beaucoup glissent vers le cubisme, d'autres vers l'expressionnisme allemand, d'autres enfin retournent à un classicisme modernisé.
Questions fréquentes
Trois questions qu'on se pose sur le fauvisme
Pourquoi le fauvisme n'a duré que trois ans ?
Parce que c'est un mouvement d'intensité, pas un programme. Quand les peintres ont dit ce qu'ils avaient à dire sur la couleur pure, ils sont passés à autre chose. Matisse vers le décor mural, Derain vers le cubisme puis le classicisme, Vlaminck vers la Renaissance. C'est la durée typique d'un mouvement qui a trouvé une vérité : le temps de l'exploiter, pas de s'y installer.
Les femmes ont-elles eu leur place dans le fauvisme ?
Marginalement. Les plus connues sont Émilie Charmy, qui expose avec les fauves dès 1905, et la sculptrice russe Maria Blanchard. C'est un mouvement profondément masculin, né dans les ateliers du boulevard de Clichy et sur les bords de Seine. Le sujet du nu féminin y est omniprésent, ce qui en dit long sur la culture de l'époque.
La couleur pure des fauves a-t-elle une influence sur l'art contemporain ?
Énorme. Sans les fauves, pas de Rothko, pas de Hockney, pas de Basquiat, pas d'art psychédélique des années 1960. Le Color Field Painting, le pop art, une bonne partie de l'art abstrait contemporain descendent en droite ligne de cette libération chromatique de 1905. Le fauvisme a fermé la parenthèse de la couleur-imitation ouverte à la Renaissance.
Pour continuer la visite
Sources, collections et chemins vraiment liés au sujet
Quelques références utiles pour vérifier les informations, comparer les images libres et prolonger la lecture sans partir dans un musée qui n'a rien demandé.
Peintres à (re)découvrir dans nos Top N
Collections vérifiées
Hubs utiles du blog
Sources utiles sur ce sujet
- Wikipedia FR — Fauvisme
- Wikipedia EN — Fauvism
- Centre Pompidou — collection fauvisme
- MoMA New York — section fauvisme
- Tate Modern — définition du fauvisme
- Web Gallery of Art — Base Vinci
- Wikidata — fauvisme (Q170571)
- The Met — Heilbrunn Timeline (Fauvism)
- National Gallery of Art — Washington
- Musée Matisse Nice — collections
Emporter un peu de cette couleur chez soi
Le fauvisme a changé notre façon de voir la couleur. Une reproduction de Matisse, de Derain ou de Vlaminck, posée au bon endroit, suffit à faire entrer cette révolution chez vous : l'orange d'un toit de Collioure, le bleu turquoise d'une femme au chapeau, le vert acide d'un paysage de Charry. Toutes les œuvres de ce Top 30 sont disponibles en reproduction sur toile dans notre collection — avec un soin particulier porté à la fidélité des couleurs et des formats d'origine.
0 kommentarer